Tout comme le décor ou les costumes, le maquillage est un outil de la caractérisation des personnages. C’est donc une discipline technique et artistique fondamentale, quel que soit le type de film. Le chef-maquilleur Alain Folgoas nous décrit les différents aspects de son métier.

Durant la préparation du film
Le travail du chef-maquilleur commence le plus en amont possible, car on n’improvise jamais au dernier moment un bon maquillage adapté au récit.
Dans le cas où le scénario nécessiterait des maquillages poussés (effets spéciaux, prothèses…), la demande du réalisateur devra être très précise. Il appartiendra alors au chef-maquilleur de proposer une ou plusieurs méthodes en accord avec le budget. C’est en effet une perte de temps ridicule et abusive de demander un devis pour réaliser tel effet quand on n’a pas prévu l’enveloppe budgétaire. Il faut au contraire préciser un budget, même approximatif, pour éviter de partir sur des techniques trop chères pour la limite impartie.
D’autre part, il est aussi nécessaire d’effectuer des essais maquillage que de tester les balances d’une caméra.
Le chef-maquilleur devra également être en relation avec le chef opérateur pour savoir le type d’ambiances lumineuses et parfois même les valeurs de plans prévus. Pour certains effets spéciaux, un story-board est devenu obligatoire sur les plus grands films : cela permet de situer les choses qui ne devront pas se voir à l’écran et donc de prévoir un effet particulier pour une séquence au besoin.
Il devra également se rapprocher au besoin du créateur de costumes.
Avec l’assistant réalisateur, il devra prévoir le temps de préparation en fonction de plusieurs données : la difficulté du maquillage et des éventuels effets, le nombre de comédiens à préparer, le nombre de changements de maquillages dans la journée, etc… L’assistant réalisateur sera alors en mesure de déterminer un plan de travail réaliste.
Avec le directeur de production, seront réglés les délais de préparation avant le tournage, la composition de son équipe (nombre d’assistants et de renforts), et les frais de fournitures.
Pendant le tournage
Le chef-maquilleur doit (seul ou en équipe) maquiller les comédiens et assurer la surveillance et l’entretien du maquillage pendant les journées de tournage.
Cet entretien (les fameux raccords maquillage) est une partie intégrante du travail du maquilleur pour assurer une continuité correcte. Il est aidé en cela par la scripte qui a également pour fonction de veiller à la continuité des scènes.
Sur les films sérieux, le chef-maquilleur n’est pas en même temps coiffeur.
Les différents types de maquillages
Un maquilleur professionnel est amené à travailler sur des projets différents. Il doit donc être compétent dans divers domaines, notamment :

le maquillage naturel : maquillage « qui ne se voit pas » qui n’a pas pour but que d’atténuer les petits défauts (rougeurs diverses, boutons, cernes…), mais surtout de transformer un comédien en son personnage fictif de quelque époque et style que ce soit

le maquillage de beauté : maquillage fréquent quand il s’agit notamment de rendre les femmes plus « glamour »…

maquillage à effets simples : perruque, larmes, transpiration, hématomes et plaies, salissures diverses…

vieillissements : vieillissements simples au fard ou plus élaborés au latex ou encore avec pose de prothèses

pose et entretien de postiches implantés ou faits directement au poil-à-poil sur place

fabrication et pose de prothèses : si un effet (nez, blessure, etc…) doit “jouer” plusieurs fois, il faudra alors absolument faire une prothèse reproductible ; de même, lorsqu’une blessure devra être en relief pour être crédible en premier plan

effets spéciaux : ils sont généralement mis en oeuvre par des maquilleurs très expérimentés ou des spécialistes. Ils interviennent par exemple dans le cas de sang s’écoulant d’une blessure, de la transformation d’un humain en monstre, fabrication de faux cadavres et membres divers.
Un maquilleur sachant faire tout cela pourra faire un film en entier et vous évitera de payer plusieurs personnes pour le même artiste normal et transformé.
Conditions d’embauche
Tout comme les autres techniciens, le chef-maquilleur est embauché sous le statut d’intermittent du spectacle. Il ne peut donc pas faire de facture, ni de note d’honoraires.
Sur un film professionnel, le maquilleur devra être titulaire de la Carte Nationale d’Identité Professionnelle délivrée par le CNC.
Pour l’obtenir, il faut avoir effectué au moins 3 stages et 6 assistanats.
Formation
Contrairement à l’Angleterre et aux Etats-Unis où le maquillage est enseigné aux futurs réalisateurs, producteurs et acteurs, il ne l’est pas en France dans les écoles de cinéma publiques ou privées, d’où une certaine méconnaissance de leur part. Il n’y a pas non plus de diplôme national reconnu par l’Etat.
Seules quelques écoles privées proposent un cursus de spécialisation, différent d’une école à l’autre.
Pour bien choisir votre école, vérifier si l’enseignement est suffisamment long (entre un et deux ans) et si son orientation convient à vos aspirations.
Vérifier aussi si les cours sont donnés par des maquilleurs qualifiés en cinéma, si vous choisissez cette branche, et en exercice.
Il est souhaitable de savoir dessiner et indispensable d’apprendre à sculpter, modeler et mouler au moins pour les prothèses les plus simples qu’un maquilleur normal doit pouvoir faire, les grandes choses très compliquées devant être confiées à des laboratoires spacieux et bien équipés.
La connaissance de langues étrangères, notamment l’anglais, est un plus quasiment indispensable.
Quelques conseils
Il ne faut pas confondre l’artiste et son personnage, ni le personnage avec l’acteur : en cinéma de fiction, on ne fait pas que du maquillage de beauté esthétique, mais on crée des personnages parfois très éloignés de leurs interprètes.
Il faut être TRÈS persévérant dans sa recherche ACTIVE d’emploi et continuer de s’informer sur l’évolution des techniques et des matériaux pour être prêt à fournir les meilleurs résultats opérationnels à la demande. Les productions ne sont pas philanthropes et il faut être immédiatement efficace.
Les étudiants et stagiaires ne doivent pas chercher à travailler seuls trop tôt en acceptant les propositions bénévoles malsaines pour débuter, au risque de laisser une mauvaise trace compromettant leur avenir, mais contacter les chefs-maquilleurs connus dans le long métrage pour leur apporter leur aide et démarrer utilement dans ce merveilleux métier.
Enfin, sur le plan pratique : il est vital d’anticiper et de bien planifier son travail !
Liens utiles
http://alain.folgoas.free.fr
www.passionducinema.com/component/k2/itemlist/user/144-alainfolgoas www.makeupmaquillage.com