Alliance des arts plastiques et du cinéma, le cinéma d’animation regroupe l’ensemble des techniques cinématographiques qui utilisent la prise de vues « image par image ». Ce qui permet de créer artificiellement le mouvement.

LA PERSISTANCE RÉTINIENNE
L’impression de mouvement est rendue possible par le fait que notre œil garde en mémoire les images au moins un dixième de seconde et aussi par la capacité du cerveau humain à interpoler une image et de créer un lien avec l’image suivante. Ce qui fait qu’au lieu de voir une série d’images fixes successives, nous croyons voir une seule image en mouvement.
Le principe de persistance rétinienne fonctionne lorsqu’une dizaine d’images se succèdent devant nos yeux en une seconde. Dans le domaine du cinéma d’animation (hors image de synthèse), au lieu de fabriquer 24 images qui devront défiler en une seconde, l’animateur fabriquera en moyenne 14 à 16 images sur la durée du film (en "full animation"). Le nombre d’images aura forcément un impact sur la perception de fluidité du mouvement.
DESSIN ANIMÉ : L’ANIMATION 2D SUR BANC-TITRE
Même si le désir de créer le mouvement a connu des précurseurs bien avant l’invention du cinématographe (avec les lanternes magiques et surtout le « théâtre optique » d’Emile Reynaud), c’est Emile Cohl qui, le premier, a eu l’idée d’animer des dessins (
Fantasmagorie projeté en 1908 étant considéré comme le premier dessin animé de l’histoire du cinéma).
Pendant très longtemps, la technique traditionnelle du dessin animé était constituée de décors peints sur papier et des personnages dessinés puis gouachés sur des feuilles transparentes superposables (des cellulos).
Cette succession d’images fixes était ensuite enregistrée image par image sur un
banc-titre (dispositif constitué d’une caméra fixée à une colonne verticale et d’un plateau perpendiculaire à l’axe optique sur lequel sont placés les éléments à filmer).
De cette manière, on peut faire déplacer d’une prise de vue à une autre les personnages dans un décor fixe, ou un mouvement de caméra (ou de décor) ou encore une combinaison des deux.
Notons que toutes les techniques de dessin peuvent être utilisées (gouaches, encres de couleur, crayons de couleur, pastels, etc…).
Cette technique permet également d’animer toutes sortes d’éléments : des papiers découpés, des écrans d’épingles mais également du sable ou de la peinture (on se sert alors de plaques de verre).
L’animation peut aussi être réalisée grâce à la technique du grattage sur pellicule (en grattant le côté émulsion de la pellicule) ou encore le dessin sur pellicule.
ANIMATION EN VOLUME
On appelle animation en volume les animations tridimensionnelles filmées par une caméra qui ne prend qu’une seule image à la fois (technique « image par image »). Pour donner l’illusion du mouvement, l’animateur déplace les objets entre chaque image.
Dans cette catégorie, nous retrouvons principalement l’animation de marionnettes (poupées articulées munies d’un squelette), de personnages en pâte à modeler ou tout autres objets divers. Dans ce cas, le tournage s’effectue sur un plateau de cinéma (avec le décor, les marionnettes, les éclairages…).
La pixilation est une des premières techniques d’effets spéciaux. Elle consiste à animer un personnage (ou tout objet) en combinant de très longs temps de pose et des prises image par image.
L’IMAGE DE SYNTHÈSE
De plus en plus, le cinéma d’animation fait appel aux ordinateurs et aux nombreux logiciels qui se sont développés au fil des années.
Le matériel 2D numérique permet des créations d’images, des mises en couleur, des effets, mais aussi de retravailler et de modifier les images. Beaucoup de réalisateurs mixent technique traditionnelle et animation numérique (par exemple des dessins exécutés à la main seront ensuite coloriés sur ordinateur). La palette graphique permet quant à elle de dessiner directement sur l’écran de l’ordinateur.
L’animation 3D permet de créer de l’animation en volume dans un monde virtuel. Ainsi, la « caméra » peut évoluer dans les décors en images de synthèse, tourner autour des personnages ou objets, etc…
L’animation en 3D utilise le même principe de base que le cinéma d’animation. Mais au lieu de dessiner la décomposition du mouvement d’un personnage « image par image », il suffit de préciser certaines positions clés du personnage. Par la suite, c’est l’ordinateur qui calcule toutes les positions intermédiaires.
De nombreux logiciels sont disponibles sur le marché (Maya, Blender, Cinéma 4D, …).
Enfin, la technique de la capture de mouvement (« Motion capture » en anglais) permet d’entrer les données dans l’ordinateur en temps réel grâce à des capteurs placés sur le corps des comédiens. Les positions des capteurs sont alors enregistrées en trois dimensions. Le comédien peut alors être intégré dans un décor virtuel.
À consulter :
www.afca.asso.fr : site de l’association française du cinéma d’animation
www.annecy.org : site du festival international du film d’animation
www.motiongraphic.net : ce site propose notamment différents conseils et exercices pratiques pour débutants et professionnels de l’animation
www.catsuka.com : site d’un passionné de l’animation